Le témoignage de Monica du blog Je Guérie du Vaginisme : "Vaginisme : Quand le vagin dit non"

Cette femme recroquevillée sur elle-même avec les mains sur la tête, c’était moi il y a presque 2 ans.

 J’avais 20 ans à l’époque et je souffrais d’un trouble qui se fait connaître peu à peu : le vaginisme. Peut-être que vous n’en avez jamais entendu parler et c’est l’occasion parfaite pour vous le faire connaître.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vais vous raconter ma petite histoire…

 

Tout a commencé début 2019. J’étais encore vierge et j’avais rencontré mon premier copain, mon premier amour.

Je me sentais prête à passer le cap de la “première fois”. Du moins, je croyais l’être. À dire vrai, je n’étais pas hyper optimiste par rapport à la première fois en général. J’avais déjà entendu beaucoup de femmes dire qu’elles avaient saigné ou eu très mal pendant leur première fois.

 

J’étais vraiment loin d’être rassurée…

Sans surprise, ma première fois s’est passée exactement comme je le craignais : La douleur que j’ai ressenti était insoutenable et j’ai beaucoup saigné.

En un mot, ma première fois était juste traumatisante. Et c’est à partir de là que surgit de “nul part” le fameux vaginisme qui m’a pourri la vie pendant presque 1 an. À chaque tentative de pénétration, mon corps se crispait totalement, mon vagin se « bloquait » et le rapport sexuel tournait toujours au fiasco.

 

Mais le vaginisme, c’est quoi exactement?

Le vaginisme est un trouble sexuel qui se caractérise par la contraction involontaire des muscles qui entourent le vagin (appelés muscles du périnée) rendant la pénétration douloureuse voire impossible.

En d’autres termes, lorsqu'un objet (pénis, tampon, doigt, sextoy ou autre) tente d’entrer dans le vagin, les muscles du périnée censés se détendre pour le laisser entrer, se contractent de manière réflexe ce qui empêche alors la pénétration et provoque de vives douleurs.

Le schéma ci-dessous montre cette contraction réflexe pendant une tentative de pénétration vaginale.

C’est ce qui se passait à chaque fois que j’essayais d’avoir des rapports sexuels. Mon vagin se contractait, la pénétration ne pouvait se faire et j’avais très mal par la suite.

Et à chaque fois, je me sentais “nulle” et “incapable”.

Et ça allait bien au-delà du cadre sexuel. J’étais tout simplement incapable d’insérer mon propre doigt ou un tampon parce que j’avais trop peur d’avoir mal.

Et les examens gynécologiques? N’en parlons même pas, pour moi c’était in-con-ce-va-ble.

 

À l’époque, mon vagin était cette partie de mon corps que je ne connaissais absolument pas mais qui me faisait souffrir à un point inimaginable.  

Toi qui me lis, si jamais tu souffres de vaginisme et que tu tombes sur cet article, sache que tu n’es pas seule et je sais exactement ce que tu ressens actuellement.

 C’est très dur à vivre mais on s’en sort. Je m’en suis sortie donc pourquoi pas toi?

Dans les prochaines lignes, je vais parler des causes de mon vaginisme et de mon ressenti durant cette période. Ensuite je vous dirai comment j’ai fait pour m’en sortir et quelle femme je suis devenue.

 

Qu’est-ce qui a provoqué le vaginisme dans ma vie?

Au départ, je pensais que les rapports sexuels étaient impossibles pour moi car je débutais ma vie sexuelle. Je croyais qu’au fur à mesure des rapports, mon corps se détendrait comme par magie et que le blocage disparaîtrait.

Mais c’est durant mon processus de guérison que j’ai compris quelles étaient les causes de mon vaginisme : des abus sexuels pendant mon enfance et une méconnaissance totale de mon corps.

 

NB : Les abus sexuels et une méconnaissance du corps ne sont pas les seules causes du vaginisme. Une éducation sexuelle taboue, une peur de la pénétration, des violences gynécologiques et obstétricales, des changements hormonaux, des traumatismes pelviens, des relations de couple conflictuelles, un accouchement traumatisant, du stress et de l’anxiété peuvent causer du vaginisme.

 

C’est durant mon parcours de guérison que j’ai pris conscience que la peur de la pénétration que j’avais était due à des traumatismes sexuels que j’ai subi dans l’enfance. Mon cerveau avait complètement occulté cet épisode douloureux de ma vie. Malheureusement, le traumatisme a refait surface au tout début de ma vie sexuelle et c’était très douloureux, autant physiquement que psychologiquement.

À chaque tentative de pénétration, mon vagin se contractait pour « me protéger ».

 

En ce qui concerne la vision que j’avais de mon corps (je pense que c’est lié à mon traumatisme) celle-ci était très erronée.

 

Jusqu’à ma guérison, je m’étais toujours imaginée mon vagin comme un canal rigide, très étroit par lequel seules les règles peuvent passer. J’avais énormément de mal à concevoir que quoi que ce soit puisse entrer dans mon vagin.

Pour moi, mon vagin était trop petit et aucun objet ne pouvait y rentrer sans me blesser ni me faire saigner. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’ai jamais pu insérer correctement un tampon de toute ma vie.

Le vaginisme est un trouble qui m’a affecté non seulement dans ma vie intime mais aussi dans mon quotidien.

Quelle femme j’étais dans mon quotidien?

Dans ma vie de tous les jours, je manquais cruellement de confiance en moi. Je me sentais “nulle”, “inférieure” aux autres femmes. Je ne me sentais pas totalement “femme”. J’avais toujours ce sentiment qu’il me manquait quelque chose.

 

Je me posais toujours cette question : “Pourquoi elles arrivent à faire l’amour et pas moi? »

 

Avant, je pensais que faire l’amour se résumait seulement à l’acte de pénétration. Je n’avais pas du tout conscience qu’il y avait mille et une façons de faire l’amour.

Durant cette période, j’étais très frustrée. Mon copain de l’époque l’était aussi et j’avais totalement perdu confiance en moi.

 

Quel a été mon déclic pour guérir?

 

Les mois passaient et je sentais que la situation ne se règlerait pas seule avec le temps. Je sentais que mon couple était menacé et que si je ne parvenais pas à guérir, ce serait très compliqué. 

Je pensais à mon couple et je pensais aussi à moi. Je n’avais pas envie de souffrir pendant le restant de ma vie à cause du vaginisme. Alors tout naturellement j’ai commencé à faire des recherches sur Internet et j’étais tombée sur quelques forums de femmes qui parlaient d’un "blocage" au niveau sexuel qui se nomme le vaginisme.

Elles expliquaient leur parcours de guérison. Et ce qui m’avait un peu effrayé c’est qu’elles parlaient d’années avant de guérir.

Mais moi, je ne voulais pas attendre des années pour avoir la sexualité que je souhaitais. C’était trop long et trop douloureux pour moi.

Comment j’ai fait pour guérir ?

 

Pour guérir, j’ai consulté plusieurs spécialistes. Le premier spécialiste que j’ai consulté est tout d’abord mon médecin traitant. Ayant été formée à la gynécologique, celle-ci a privilégié la piste de la dyspareunie et m’a redirigée vers un psychologue.

 

En même temps que j’allais à mes consultations chez le psy (qui m’a beaucoup aidé à me libérer des blocages que j’avais par rapport à la sexualité), je consultais également une sage-femme spécialisée dans la réeducation périnéale.C’est cette sage-femme qui m’a diagnostiqué le vaginisme.

 

(Petit apparté :  les gynécologues ne sont pas les seuls spécialistes à pouvoir effectuer un suivi gynécologique, les sages-femmes libérales le peuvent tout autant).

 

C’était un soulagement pour moi de pouvoir mettre un mot sur ma souffrance.

 

NB : Il est normal de consulter plusieurs spécialistes lorsqu’on souffre de vaginisme. Ce trouble a deux approches : une approche psychologique et une approche physique. Il est alors important de prendre en compte les deux pour guérir.

Je m’étais également rendue chez un hypnothérapeute pour travailler sur mon traumatisme. Je n’ai fait qu’une seule séance mais c’était très intense. Cette unique séance m’avait quand même beaucoup libérée.

NB : L’hypnose peut réveiller d’anciens traumatismes et cela peut être tout aussi douloureux/difficile à vivre que le(s) traumatisme(s) en lui-même/eux-mêmes. Avant de consulter un tel spécialiste, il faut être véritablement prêt(e) à revivre cela.

J’étais bien avancée dans mon processus de guérison mais la pénétration était toujours problématique. En continuant mes recherches, tout a été une série de déclics. Grâce à une méthode de guérison holistique (qui prend en compte le corps, l’âme, l’esprit et le cœur) Je guéris du vaginisme ®, j’ai pu poursuivre mon parcours de guérison de manière sereine.

Tout au long de ma guérison, j’en ai beaucoup appris sur mon sexe, la sexualité en général et sur moi-même. J’ai véritablement pris conscience de mon vagin durant ce parcours. J’ai appris à l’observer (avec un miroir), le toucheret l’explorer (avec mes mains mais aussi avec les dilatateurs vaginaux qui m’ont été d’une grande aide) surtout l’aimer.

 

J’ai aussi pu guérir de mon traumatisme. Aujourd’hui j’accepte totalement ce qui m’est arrivé et j’ai fait le choix de pardonner et d’avancer.

 

Aujourd’hui je suis entièrement guérie du vaginisme et assez paradoxalement, je suis reconnaissante pour cette expérience douloureuse car elle m’a permis de me reconnecter à moi-même et devenir la femme que j’ai toujours rêvé d’être.

 

Quelle femme suis-je devenue aujourd’hui?

Aujourd’hui, je suis une femme épanouie autant sexuellement que dans ma vie de tous les jours. Grâce au vaginisme, j’ai pu faire un gros travail sur moi et me libérer de tous les freins qui m’empêchaient d’être la meilleure version de moi-même. J’ai beaucoup plus confiance en moi et je ne me laisse plus guider par la peur.

 

J’espère que mon témoignage permettra aux femmes qui souffrent de vaginisme comme j’en ai souffert de prendre conscience que la guérison est possible et qu’il n’est jamais trop tard pour se prendre en main.

 

À bientôt!

  

Article rédigé par Monica du blog https://jeguerisduvaginisme.com/

 

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